26.6.06

Débordement de rage 24/06


L’incident de séance François Hollande Dominique de Villepin a été largement rapporté par les médias anglo-saxons. Ainsi… jeudi matin… sur la BBC

(extrait sonore de l’émission Today show 23/06/06)


« Monsieur de Villepin a été obligé de présenter des excuses et cet incident a rendu sa position déjà précaire encore plus incertaine… » Tel est le commentaire de la radio britannique BBC 4.

Le New York Times (21/06) parle d’un « débordement rempli de rage tout à fait exceptionnel ».

Le Times de Londres (22/06) parle d’une « attaque d’une virulence étonnante ». Et d’un « premier ministre dont l’habilité à gouverner est désormais remise en question. Monsieur de Villepin, écrit le Times, risque d’être dépossédé de tout pouvoir. Il ne lui en restera que les apparences extérieures… Le résultat est un climat de profonde incertitude dans un pays qui traditionnellement a besoin de l’Etat pour lui montrer le chemin ».


  • Ségolène inclassable


La presse américaine continue de s’interroger sur le cas Ségolène Royal. « Elle est inclassable » écrit un peu agacé l’hebdomadaire Newsweek (26/06). Qui est elle ? « Est-ce qu’elle va enfin faire entrer le Parti socialiste dans la modernité ou bien est elle une ces politiciennes comme il y en a beaucoup en Europe qui pratiquent la course au centre et à la confusion ». Il y a des contradictions en elle écrit Newsweek qui estime que « ces contradictions viennent peut-être de son itinéraire personnel. Elle qui est fille de militaire et dont le père est parti en laissant la famille sans ressources, elle n’a aucun mal à exalter les vertus de la discipline tout en montrant une réelle compassion pour les plus démunis ».

Finalement l’hebdomadaire Newsweek est plutôt séduit. « Elle est peut-être inclassable mais elle n’est jamais médiocre. Oui elle est socialiste mais elle n’est pas doctrinaire et si son parti arrive à le lui pardonner elle pourrait bien devenir présidente de la France ».


Dans le Herald Tribune (19/06) John Vinocur est moins enthousiaste. Il s’interroge sur « la dernière idée à la mode ». « On l’entend partout écrit il dans les éditoriaux, dans les conversations privées. C’est l’idée selon laquelle le changement serait en marche et que ce soit Ségo ou Sarko la France s’engagerait clairement sur le chemin de la réforme. C’est une supposition, écrit Vinocur, une extrapolation que rien pour l’instant ne vient vraiment étayer ». Sur la question centrale de l’intervention de l’Etat écrit le journaliste américain « Sarkozy ne s’est pas beaucoup éloigné du dogme étatiste quand il était ministre des Finances et Ségolène Royal a critiqué la flexibilité du marché du travail à la scandinave… L’interventionnisme de l’Etat écrit John Vinocur reste en France une vérité d’évangile à droite comme à gauche ».


  • Les Français montrent la voie


Enfin le journal anglais de centre gauche Observer (18/06) vote lui clairement Ségolène. « Une fois encore écrit l’Observer les Français nous montrent la voie. Cette mère de quatre enfants âgée de 52 ans est une femme forte et indépendante. En Grande-Bretagne on la trouverait terrifiante, en France on la trouve géniale ».


La crise d’Airbus et d’EADS. L’Economist (22/06) écrit : « il y a un dégoût généralisé à l’égard des élites politico industrielles, des élites qui semblent s’organiser pour tirer tous les avantages possibles du capitalisme sans en accepter les risques ».


Le Financial Times (26/06) pense lui que la France est à un tournant, que « le gouvernement paralysé par les querelles internes est devenu impuissant et du coup le monde des affaires en profite pour couper les liens avec l’Etat. Le Financial Times écrit : pour de nombreuses entreprises l’impuissance du gouvernement est une chance ».


Enfin, les commerçants français sont désagréables. Ce sont même les plus désagréables d’Europe selon une enquête réalisée dans six pays européens. Et « pour une fois, écrit le Daily Telegraph (19/06) ce ne sont pas les Anglais qui se plaignent. Ce sont les consommateurs français qui se plaignent de leurs propres commerçants ». Colin Randall (Blog 19/06), le correspondant du journal à Paris dit pourtant qu’il n’est pas d’accord avec cette enquête. « Il y a parfois un manque de personnel dans les magasins français, mais mon expérience du service à la française écrit ce journaliste anglais vivant à Paris, c’est qu’on y rencontre beaucoup plus de sourires que de grimaces ».